Candidature de Macky Sall à l’ONU : l’Union africaine rejette le dossier, le Sénégal désavoue son ancien président
Le feuilleton diplomatique autour de la candidature de Macky Sall à l’ONU a connu un rebondissement majeur ce vendredi 27 mars 2026. L’Union africaine (UA) a officiellement annoncé qu’elle ne soutiendrait pas l’ancien président sénégalais pour le poste de secrétaire général des Nations unies. Une décision historique qui fragilise sérieusement les ambitions de Macky Sall, d’autant que son propre pays, le Sénégal, a publiquement désavoué cette initiative. Retour sur les dernières actualités, les raisons du blocage et toutes les réponses aux questions que vous vous posez sur l’homme qui a dirigé le Sénégal pendant douze ans.
Pourquoi l’Union africaine a-t-elle rejeté la candidature de Macky Sall ?
Le projet de décision visant à adopter la candidature macky sall onu a été soumis aux 55 États membres via une « procédure de silence » de 24 heures. Mais vingt pays ont « rompu le silence » avant la date butoir du 27 mars, bloquant ainsi l’adoption. Parmi eux figurent le Sénégal, le Nigeria, l’Afrique du Sud, la Tunisie et le Rwanda. Selon plusieurs sources diplomatiques, ce rejet ne vise pas tant la personne de Macky Sall qu’une « procédure viciée » initiée par le président burundais Évariste Ndayishimiye, qui a court-circuité les règles de consultation et de consensus de l’UA. Le Rwanda a même dénoncé un « diktat ».
Autre facteur clé : le principe de rotation géographique. De nombreux États africains estiment que le prochain secrétaire général de l’ONU devrait revenir à l’Amérique latine et aux Caraïbes, après deux mandats européens (António Guterres) et un mandat asiatique (Ban Ki-moon). Cette logique plaide contre un candidat africain, même si le continent n’a pas occupé ce poste depuis Boutros Boutros-Ghali (1992-1996).
Le Sénégal désavoue Macky Sall : une rupture historique
L’un des rebondissements les plus marquants est venu de Dakar. Le gouvernement sénégalais actuel, dirigé par le président Bassirou Diomaye Faye, a formellement indiqué n’avoir « à aucun stade endossé cette candidature » et ne pas avoir été consulté. Les relations entre Macky Sall et le nouveau pouvoir sont exécrables. L’actuel gouvernement accuse l’ancien président d’avoir réprimé violemment les manifestations entre 2021 et 2024 et d’avoir laissé une situation financière dégradée. Ce désaveu officiel est un coup dur pour macky sall candidature onu, car il est rare qu’un pays rejette aussi clairement la candidature internationale de l’un de ses anciens chefs d’État.
Qui sont les concurrents de Macky Sall pour l’ONU ?
Alors que Macky Sall tente de défendre sa candidature malgré le retrait du soutien africain, d’autres prétendants sont déjà en lice. L’ancienne présidente chilienne Michelle Bachelet, ex-Haute-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, bénéficie d’un large soutien en Amérique latine. Le directeur général de l’AIEA, Rafael Grossi, est également candidat, avec l’appui de plusieurs pays occidentaux. Le principe de rotation géographique et la volonté de nombreux États de voir une femme accéder à ce poste pour la première fois pourraient jouer en faveur de Bachelet.
| Candidat | Pays / Région | Atouts | Obstacles |
|---|---|---|---|
| Macky Sall | Sénégal / Afrique | Expérience présidentielle (12 ans), réseau diplomatique | Rejet de l’UA et du Sénégal, procédure contestée |
| Michelle Bachelet | Chili / Amérique latine | Expérience ONU, large soutien latino-américain, femme | Critiques sur son bilan à la tête du HCDH |
| Rafael Grossi | Argentine / Groupe occidental | Crédibilité nucléaire, soutien des pays occidentaux | Peu d’expérience politique directe |
FAQ : Tout savoir sur Macky Sall et sa candidature à l’ONU
🌍 Le principe de rotation géographique
Les régions se succèdent traditionnellement à la tête de l’ONU. Après l’Asie (Ban Ki-moon) et l’Europe (António Guterres), l’Amérique latine estime que son tour est venu. Cela complique la position de Macky Sall, même si l’Afrique n’a pas été représentée depuis 1996.
🇲🇦 Macky Sall et le Maroc
Sous sa présidence, les relations entre le Sénégal et le Maroc ont connu un essor remarquable, avec des accords dans les domaines des phosphates, de l’aviation et de la diplomatie. Cette proximité explique les séjours fréquents de l’ancien président dans le royaume chérifien.
🗳️ Prochaines étapes à l’ONU
Le Conseil de sécurité organisera des votes informels dans les mois à venir. Le candidat retenu devra recueillir au moins 9 voix sur 15, sans veto d’un membre permanent. La décision finale est attendue avant octobre 2026.
Que peut-il se passer maintenant ?
Malgré le rejet de l’Union africaine, la candidature de Macky Sall n’est pas juridiquement caduque. Le parrainage du Burundi reste valide aux yeux des Nations unies. Toutefois, sans le soutien officiel du continent africain, l’ancien président sénégalais part avec un handicap majeur. Les prochaines semaines seront décisives : soit il parviendra à rassembler d’autres soutiens africains, soit il pourrait envisager un retrait stratégique pour préserver ses intérêts diplomatiques.
Selon des sources proches de l’Élysée et du département d’État, les puissances occidentales suivent le dossier avec attention, mais aucune n’a encore pris position publiquement. Le Maroc, allié traditionnel de Macky Sall, observe une neutralité prudente, tandis que l’Algérie et l’Afrique du Sud restent opposées à la candidature.